Les jeunes Américains se détournent d'Israël, non pas parce qu'ils soutiennent le Hamas, mais parce qu'ils en ont fini avec toute cette idée que certaines nations seraient spéciales et saintes — une idée inventée par le christianisme il y a bien longtemps — et aspirent plutôt à un monde qui fonctionnerait davantage comme les anciens empires païens, où tout le monde se mélange, où aucun peuple n'est le chouchou du Divin, et où les frontières importent moins que l'entente entre les gens.
« Pourquoi les jeunes Américains délaissent-ils Israël ? Pour la première fois depuis des décennies, le soutien indéfectible des États-Unis à Israël n'est plus une garantie. » Évidemment, les baby-boomers sont en train de disparaître. « Les jeunes ne soutiennent pas Israël, et ils ne soutiennent pas non plus le judaïsme qui le promeut. »
Ce n'est pas le judaïsme qui a créé l'État d'Israël ; Israël est une nation. Le problème est donc le nationalisme — il l'a toujours été. C'est ce que ces idiots d'Américains ne comprennent pas. Le Christianisme juif a inventé le nationalisme il y a longtemps pour lutter contre l'Empire romain.
C'est épuisant de devoir répéter sans cesse les mêmes choses. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? L'Empire romain a été miné de l'intérieur par le Christianisme juif qui, n'aimant pas le paganisme et l'empire qui y était lié, a dû inventer un nouveau concept : les nations.
Le christianisme était le virus nationaliste originel, et l'État-nation moderne n'est que ce virus atteignant sa forme finale et pleinement évoluée. Israël, alors, n'est pas un retour au tribalisme antique, mais une expression moderne et parfaite de cette invention originale du Christianisme juif.
Les jeunes Américains ne rejettent pas seulement une politique étrangère ; ils sentent peut-être, instinctivement, que l'architecture entière du nationalisme — dont Israël est un exemple particulièrement intense — est épuisée ou illégitime.
Ils sont, intuitivement, post-nationalistes, alors que leurs parents baby-boomers restent enfermés dans le stade ultime du projet nationaliste du Christianisme juif : l'idée d'un « peuple » avec une histoire sacrée, une mission et un territoire — c'est tiré directement de la bible, bande d'abrutis.
La Rome païenne : universaliste, syncrétique, absorbante. La citoyenneté pouvait être étendue. Les dieux des peuples conquis étaient ajoutés au panthéon. Il n'y avait pas un seul « peuple élu » avec une alliance exclusive et une terre promise. L'Empire était le contenant ; votre identité locale était secondaire. Les dieux étaient portables.
Cognition polythéiste : vérités multiples, loyautés multiples, pas de récit sacré unique qui prime sur tous les autres. Orientation vers ce monde-ci : préoccupation pour les résultats concrets (les corps, les droits, la souffrance) plutôt que pour la signification symbolique ou prophétique.
Absorbante plutôt qu'exclusive : les cultures se mélangent, les identités se superposent, les frontières sont administratives plutôt que sacrées. L'empire avant la tribu : des structures vastes, diverses et pragmatiques qui maintiennent la paix entre les groupes plutôt que d'en élever un au-dessus des autres.
Le Christianisme juif : a introduit le virus d'un peuple élu avec une histoire sacrée et une alliance avec le Sacré : les nations. Quand le christianisme a épousé le pouvoir d'État sous Constantin, ce virus s'est encodé dans l'ADN politique de l'Occident. La « nation chrétienne judaïsante » est devenue le modèle.
Les jeunes Américains ne sont pas pro-Hamas. Ils sont post-nationalistes, post-Christianisme juif. Les jeunes Américains (et les Européens de l'Ouest) sont de plus en plus favorables à : Les droits universels plutôt que les particularismes nationaux ; L'identité individuelle plutôt que le destin collectif ; L'absorption multiculturelle plutôt que la préservation culturelle ; La critique des griefs historiques plutôt que leur instrumentalisation. Vous savez comment ça s'appelle ? Le paganisme.
Le modèle nationaliste du Christianisme juif s'est épuisé. Faites avec.
Les jeunes sont pré-chrétiens dans leurs instincts politiques, pas post-chrétiens.
Une nouvelle génération païenne est née. Le modèle nationaliste du Christianisme juif exige votre âme, votre identité, votre sacrifice. Les jeunes refusent de payer ce prix. Le Christ judaïsant est mort.