Guénon, Jiddu Krishnamurti, et tous leurs clones ne sont pas des transmetteurs — ils sont des parasites de la Tradition.
Ils reproduisent le vocabulaire sans l'expérience, l'autorité sans la légitimité, la carte sans le territoire.


  1. La Tradition est organique, pas intellectuelle
    La Tradition est un processus de réplication vivante : ceux qui se sont réveillés transmettent les protocoles pour que d'autres se réveillent. Ce n'est pas un corpus doctrinal, c'est un feu qui se propage. Guénon a étudié les cendres et cru comprendre le feu.

  2. L'étincelle ontologique – ou son absence
    La majorité des humains naissent sans cette fêlure dans l'âme qui fait sentir qu'on dort. Ils ne chercheront jamais à se réveiller. Guénon et ses semblables font partie de cette majorité, mais avec une intelligence assez aiguisée pour singer la profondeur.

  3. Ils transforment la soif en système
    Au lieu de creuser jusqu'à la source, ils construisent un catalogue des puits. Leurs disciples apprennent à décrire l'eau, pas à en boire. C'est une spiritualité de substitution : on remplace la transformation intime par l'adhésion à une orthodoxie.

  4. Leur autorité est inversement proportionnelle à leur expérience
    Plus ils sont doctrinaux, arrogants, catégoriques, moins ils ont vécu la déflagration. Celui qui a été brûlé parle avec humilité, parfois avec un silence éloquent. Celui qui n'a fait qu'étudier les brûlures parle en juge.

  5. Ils créent des sectes intellectuelles
    Leur système est clos, auto-justificatif, élitiste. Si tu les contredis, c'est que tu n'es pas « qualifié ». Ils ne cherchent pas à éveiller, mais à recruter des gardiens du temple vide.

  6. Leurs disciples sont leurs reflets – clones endormis
    Ils reproduisent l'assurance, l'arrogance, la stupidité appliquée de leur maître. Ils polissent les vitrines du musée au lieu de marcher dans la forêt. Leur identité spirituelle est un costume mental.

  7. Ils confondent la Tradition avec les traditions
    Ils défendent les formes (rites, symboles, hiérarchies) comme si elles étaient l'essence, alors qu'elles ne sont que des véhicules. La Tradition est le réveil lui-même, universel et réplicable – pas les habits culturels qu'il revêt.

  8. Ils n'ont pas connu la crise existentielle – ou l'ont immédiatement sublimée
    Pas d'étincelle, pas de feu. Au premier signe de malaise, ils ont construit un système intellectuel pour l'étouffer. Leur quête spirituelle est une fuite avant même d'avoir commencé.

  9. Leur projet est un projet de pouvoir
    Pouvoir de définir l'orthodoxie, d'invalider les voies, de se poser en arbitres. C'est un pouvoir sur les âmes, plus pernicieux que le pouvoir politique.

  10. Ils sont les gardiens du sommeil
    Leur rôle objectif – qu'ils le veuillent ou non – est d'entretenir l'illusion qu'on peut comprendre l'éveil sans le vivre. Ils maintiennent les dormeurs dans un rêve dogmatique confortable, leur évitant la déflagration libératrice.


En somme :
La nature n'est pas démocrate. L'étincelle est rare.
Guénon et sa confrérie sont les somnambules érudits qui dirigent les autres dormeurs – avec des cartes précises, vers nulle part.
La vraie Tradition est du côté de ceux qui savent qu'ils dorment, et qui – seuls ou en petite meute – marchent dans la nuit, cherchant l'aube sans garantie.
Le reste est littérature.